Un Marchand, Un Artiste 2019
Un Marchand, Un Artiste 2019
Un Marchand, Un Artiste 2019
Un Marchand, Un Artiste 2019

Christine Cloos

Je suis née à Boulogne-sur-Seine, en 1959, j'ai ensuite habité Paris jusqu'en 1991, date à laquelle je me suis installée à Giverny. Cette nature environnante  m'a fait retrouver les sensations que j’éprouvais adolescente, lorsque je plantais mon chevalet dans les champs de Beauce lors de séjours dans notre maison de campagne et que j'avais perdues durant ma période citadine. Et cette nouvelle atmosphère m'a conduit à laisser la peinture sur bois que je pratiquais jusqu'alors pour aborder un travail qui a duré 12 ans de sculptures murales en fer : des tôles découpées et soudées, un jeu de vide et de plein à propos des éléments.

 

Le fer me permettait « de lancer » une ligne, dans une gestuelle proche parfois de la calligraphie et de la figer à l’aide de ce matériau fluide à la chauffe et qui se durcit dés la flamme du chalumeau éteinte. Figer le mouvement, c’était me rapprocher aussi de ces formes de branches d'arbres souvent « figées » dans un élan, un dernier sursaut vers la lumière, toute une puissance contenue, immobile.

 

Et puis, petit à petit, j'ai repris la peinture à l'huile sur toile en parallèle, en y incorporant des collages de papiers. Les deux techniques approchées tournaient toujours autour de cette recherche de la matière. Les papiers en fibres naturelles que j’emploie, amènent comme un tissu vivant à la représentation de la nature.Je me sers des accidents, des effets de matière arrivés là par hasard et petit à petit, patiemment, je redirige le tout vers cette idée initiale entrevue d’une manière intuitive mais qui a toujours été le fil conducteur. 


J'ai finalement stoppé mon travail de sculpture pour me consacrer exclusivement à cette peinture-collage.      

La proximité des forêts et ensuite du jardin de Claude Monet a orienté mon travail vers cette exploration intense chaque jour renouvelée de la moindre brindille balayée devant ma porte aux formes puissantes des vieux arbres centenaires, de ces massifs denses, ce fouillis organisé et structuré, composés de fleurs, feuilles, tiges, herbes mêlés, confondus dans une sorte de broussaille échevelée, de cette nature corrigée, policée et pourtant puissante, débordante d'une énergie presque incontrôlable aux alignements des troncs d'arbres, de ces bouleaux qui portent en eux une grâce infinie, une délicatesse de boudoir, une puissance qui n'égale que leur apparente vulnérabilité. 

I was born in Boulogne-sur-Seine in 1959, then lived in Paris until 1991, when I moved to Giverny. This surrounding nature made me rediscover the sensations I experienced as a teenager, when I planted my easel in the fields of Beauce during stays in our country house and that I had lost during my urban period. And this new atmosphere led me to leave the painting on wood that I had been doing until then to tackle a work that lasted 12 years of iron wall sculptures: cut and welded sheets, a game of empty and full about the elements.

 

The iron allowed me to "throw" a line, in a gesture sometimes close to calligraphy and to freeze it with the help of this fluid material when heated and which hardens as soon as the flame of the extinguished torch was extinguished. To freeze the movement was also to get closer to these forms of tree branches often "frozen" in a momentum, a last jump towards the light, a whole contained, immobile power.

 

And then, little by little, I resumed oil painting on canvas in parallel, incorporating collages of paper. The two techniques approached always revolved around this search for matter. The natural fibre papers I use lead like a living fabric to the representation of nature, I use accidents, the effects of matter that happen there by chance and little by little, patiently, I redirect everything towards this initial idea intuitively viewed but which has always been the guiding principle. 

 

I finally stopped my sculptural work to devote myself exclusively to this painting and collage.      

The proximity of the forests and then Claude Monet's garden directed my work towards this intense exploration every day renewed from the slightest twig swept in front of my door to the powerful shapes of the old century-old trees, these dense masses, this organized and structured clutter, composed of flowers, leaves, stems, mixed grasses, confused in a kind of dishevelled brushwood, of this corrected, polished and yet powerful nature, overflowing with an energy almost uncontrollable at the alignments of the tree trunks, of these birches that carry within them an infinite grace, a delicacy of boudoir, a power that equals only their apparent vulnerability.

© 2019 par Marché Biron & Marché Dauphine

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