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Gonçalo Ivo

En “écoutant” la peinture de Gonçalo Ivo

Je suis un “animal pictural”. Mon seul espace est l’atelier, là où je me sens libre puisque le temps n’y compte point. Ma peinture n’est aucunement l’illustration de mes sentiments.

 

Je travail sans cesse avec ce qui est réel. La subjectivité et l’ambiguïté elles-mêmes sont réelles...

 

Gonçalo Ivo

Gonçalo Ivo est un artiste Brésilien (né, à Rio de Janeiro, en 1958) qui est en passe de s’imposer, et d’avoir une notoriété internationale au demeurant tout à fait méritée.
Il a d’ailleurs participé à un très grand nombre de manifestations internationales aussi bien au Brésil, qu’aux États Unis, ou en Europe.

On dispose déjà sur l’œuvre de Gonçalo Ivo d’un nombre important de catalogues et publications, tant au Brésil qu’en France et Italie. Son œuvre est répertoriée, entre autres, en 2008, dans un luxueux volume édité, en trois langues (Portugais, Anglais et Français), aux éditions Pinakotheke, Rio de Janeiro.

D’un catalogue à l’autre, on retrouve les mêmes prestigieuses signatures critiques, de Fernando Cocchiarale (dans un long entretien avec l’artiste), Roberto Pontual, Edgar Lyra, Ligia de Franceschi, Oscar D’Ambrosio, Frederico Morais. Pour ne pas citer Luciano Figueiredo, un autre artiste Brésilien, né en 1948, qui ne manque pas de rendre un vrai hommage à son cadet.

 

 

Gonçalo Ivo dans la tradition

 

Dans la tradition de la peinture abstraite brésilienne on peut rattacher, Gonçalo Ivo, à ce qui apparaît, à Rio de Janeiro, autour de 1959, avec la formation du groupe “Neoconcreto”, en mettant l’accent sur l’intégration de l’art Brésilien avec la vie.

Sans oublier que la Biennale de Sao Paulo, confiée à des critiques et à des Historiens d’Art internationalement connus, rivalise implicitement avec la Biennale de Venise, et informe les artistes Brésiliens de ce qui se passe dans le monde de l’art, souvent bien avant que Paris n’en ait connaissance. 

C’est ainsi que, au même moment, ce qui se passe et s’affirme aux États-Unis, avec un certain nombre d’artistes aujourd’hui très célèbres (comme Mark Rothko, Barnett Newman, bientôt suivi par une autre génération de peintres, comme Kenneth Noland et Morris Louis, entre autres, soutenus par Clement Greenberg et les représentants du “Minimal Art”, qui, à leur façon, radicalisent le travail de leurs aînés), peut être vu et connu des artistes Brésiliens bien avant que l’Europe n’ait eu l’occasion d’en entendre parler.

Enfin, il ne faut pas oublier que le Brésil a réussi une rare et importante intégration inter-ethnique qui est aussi, chez les intellectuels, garante d’une forme de libre pensée et d’absence de préjugé, avec d’incontestables tropismes pour ce qui se fait sur le continent, qu’il s’agisse des États-Unis d’Amérique, ou de l’Europe.

Au demeurant, très tôt l’architecture brésilienne s’est imposée avec la présence de Le Corbusier, et d’Oscar Niemeyer et de leur réalisations, aussi bien à Rio de Janeiro, qu’à Brasilia pour Niemeyer, qui par ailleurs réalise également le siège de parti communiste Français à Paris.

 

 

Gonçalo Ivo et les études

 

Le jeune Gonçalo Ivo a étudié l’architecture; il finit ses études d’architecture en 1983 et commence à travailler comme dessinateur maquetiste et illustrateur dans plusieurs maisons d’édition. Il étudie aussi au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, avec un artiste lié au groupe de la “Peinture concrete”, Aluísio Carvão. Mais il s’en tient pas là...

Appartenant à un milieu cultivé (son père, Lêdo Ivo est un poète célèbre, qui a, entre autres, traduit Rimbaud en Portugais), Gonçalo Ivo va développer un esprit et une manière qui ne sont qu’à lui.

Il suffit de considérer ses peintures, ses aquarelles, ou ses objets, pour s’en convaincre.

Nous sommes immédiatement à la fois dans un pays connu, et pourtant totalement dépaysés aussi bien par la richesse, la splendeur et l’élégance des couleurs, que par la matérialité des objets qu’il réalise. Voir, récemment, le catalogue (Campo Santo) de l’exposition des œuvres, (peintures et objets divers) de Gonçalo Ivo, à la galerie d’Art, Anita Schwartz, à Rio de Janeiro (en 2010). Catalogue où l’on trouve un texte de Luciano Figueiredo, et un bel essai du poète Antonio Cicero.

En France, où il a un atelier où il vit une grande partie de l’année, et où il expose à la Galerie Flak, Gonçalo Ivo, a déjà obtenu, sur son art, un beau texte de Gilbert Lascaux. En 1999, à propos de son exposition, à la Galerie Flak, Lydia Harambourg publie, dans La Gazette de l’Hôtel Drouot, un texte que Gonçalo Ivo cite dans le catalogue de l’exposition que la galerie Multiarte lui consacre en août 2009: “Dans ses huiles sur toile éclatent son sens de la couleur et un souci évident de construction qui est la conséquence de son activité d’architecte [...]. Ses compositions sont influencées par une culture métissée où cohabitent classicisme et baroque, effusion colorée et sérénité lumineuse, imaginaire et volonté. Gonçalo Ivo, qui est aussi poète, troque les mots pour les couleurs qu’il emprunte aux somptueux tissus chatoyants des pêcheurs de Bahia ou de Recife héritiers de la culture africaine.”

On ne saurait mieux dire, même si la description reste d’une certaine façon incomplète.

 

 

Gonçalo Ivo polyglotte

 

Ce qui frappe, avant toute chose, c’est la très vaste utilisation que le peintre fait des figures géométriques où, incontestablement, le plus souvent, la couleur domine et emporte l’adhésion. Une couleur qu’il convient d’associer à la taille (au format) des œuvres, qui peuvent aller de 18 x 18 cm (sans titre, 1985) à 250 x 550 cm (Tissu d’Afrique, 2007).

Je remarque que les titres des peintures et objets, lorsqu’ils ne sont pas en Portugais, sont très souvent en Français: Tissu d’Afrique, Prière, Les Poissons, Lanterne magique, Les Papillons, Fenêtres... ou en Italien.

De toute évidence, comme son œuvre, Gonçalo Ivo est, sans distinction, polyglotte. Et je ne doute pas qu’il parle aussi parfaitement l’Anglais et l’Italien, que le Portugais et le Français.

Polyglotte, en effet, Gonçalo Ivo utilise sans conteste une très vaste culture artistique. Ce en quoi il est sans doute d’abord Brésilien. 

Visitant son atelier, on ne peut pas ne pas être frappé par la multiplicité des références dont il dispose. Et qu’il cite, comme en se jouant formellement de ce qu’elles évoquent.

De “l’École de Paris”, avec des évocations de Vieira da Silva, ou de Serge Poliakoff ou de Nicolas de Staël, des Américains, comme Mark Rothko, Barnett Newman, Kenneth Noland, des représentants du “Pop Art”, des Allemands, comme Paul Klee, Kurt Schwitters ou Wassily Kandinski, Gonçalo Ivo emprunte le meilleur des multiples projets qu’il rencontre sur sa route, et les fait siens, dans une synthèse qui le tient qu’à lui. 

Comme il le déclare lui-même: “L’intuition est mon guide”.

C’est cette “intuition” qu’il nous faut suivre, si nous voulons aborder à la belle singularité de cette œuvre. Et d’abord sans doute en ce qu’elle est déterminée par une nette accentuation du spirituel dans l’art. Titre, comme on sait, d’un livre de Kandinsky.

Il y a d’ailleurs un paradoxe incontestable dans ce titre, et dans l’œuvre qu’il illustre. N’est-ce pas, en effet, à propos de l’œuvre de Kandinsky, qu’un philosophe, suivant de Hegel, Alexandre Kojève, écrira un essai, intitulé De l’art concret, qui remportera un vrai succès notamment en Allemagne et au Brésil.

 

 

Gonçalo Ivo et du spirituel dans l’art

 

Nous sommes ainsi au “coeur” (“choeur”) même de la naissance de “l’art abstrait” et de l’art moderne ou post-moderne. Et c’est ce “choeur” que Gonçalo Ivo, reprenant à son professeur la notion de “peinture concrète”, associe à son œuvre.

Considérant les peintures, de tous formats (huiles et aquarelles et objets divers, peints ou brûlés – ou encore peints et brûlés), que Gonçalo Ivo me montre, j’entends parfaitement les multiples voix et tonalités qui composent, en synthèse, les diapasons de ce “choeur”.

Encore faut-il, si l’on tient compte des objets tridimensionnels, y ajouter les voix, non négligeables, de Kurt Schwitters, de Marcel Duchamp, et de quelques autres, pour tenir compte de ce que certains de ces objets sont en partie calcinés, ou créés à partir de promenades sur une plage, de déchets trouvés et ramassés par l’artiste.

L’œuvre de Gonçalo Ivo se constitue ainsi d’un très très vaste clavier, que l’artiste utilise avec une maestria, sans exemple dans l’art dit moderne et contemporain.

Sans doute les très grands formats (comme Tissu d’Afrique, 2007, 250 x 500 cm, et plus récemment Campo santo, 2010, 260 x 180 cm) déploient un appareil de couleurs et, oserai-je le dire, de sons, d’une toute autre et très belle envergure chromatique. 

On remarquera, dans ces grands formats, le jeu subtil et la partition des rayures de couleurs horizontales, qui ne traversent pas toujours toute la largeur de la toile, et se trouvent alors, de chaque côté, à droite et à gauche, arrêtés par de courtes bandes colorées, en de fines rayures horizontales. 

De telle sorte que l’œil tend à s’y perdre, et ne cesse de se chercher une référence plus rationnelle qu’il ne trouve jamais. N’en finissant pas de recommencer le parcours qu’il s’est initialement proposé, en restant à l’écoute d’une musique qui n’appartient qu’à Gonçalo Ivo.

Mais revenons à cette étonnante référence au livre de Kandinsky, Du spirituel dans l’art, dans la mesure où, me semble-t-il, c’est incontestablement ce qui particularise l’ensemble de l’œuvre de Gonçalo Ivo. 

Il se dégage de ses peintures (quelque soit leur format), comme de ses objets, une nette atmosphère spirituelle qui les distingue de la plus grande partie de l’art de ses contemporains Brésiliens, Américains et Français.

Si je cherche à m’expliquer, ce qui me séduit et me fascine, dans ce qu’il me montre, je ne peux pas faire l’économie de cette dimension spirituelle, musicale et quasi religieuse. Les très grands tableaux s’imposent avec la majesté d’un monument religieux, je dirais d’une cathédrale. Et les plus petits, comme les pièces tridimensionnelles, comme des objets de culte. 

Sans pourtant qu’il soit jamais possible de savoir de quel culte il s’agit. 

 

 

campo santo

 

Campo santo (huile sur toile de 260 x 580 cm) et le titre que Gonçalo Ivo donne à sa plus récente exposition sont, de ce point de vue, aussi significatifs que possible. 

Cette vaste peinture d’un champ gris pâle mouvant ne peut pas ne pas évoquer ce qu’il faut entendre par son titre, si l’on doit traduire le mot Italien en Français et avoir non pas “champ saint”(champ: plaine, terrain cultivé), mais “cimetière”... ou encore “camp pour les morts”, les artistes et les peintres aujourd’hui morts, et qui sont forcément des saints. 

Il n’en va pas autrement dans la désignation de l’île où, à Venise, sont enterrés et réunis les morts, les peintres écrivains et musiciens, aujourd’hui morts: “Campo Santo”. 

Voudrait-on l’ignorer que le reste de cette dernière exposition viendrait le confirmer. Ne comprend-elle pas également plusieurs croix, datées de 2010 (dont Cruz de Espanha, 270 x 78 cm), et quelques pierres tombales, dont Campo santo (tempera sur plâtre, marbre et pierre, 50 x 32 x 16 cm).

On trouve également dans cette exposition quelques grands formats très colorés, dont Santa Maria de Taüll (2009, huile sur toile, 260 x 650 cm) et quelques grandes peintures nettement plus sombres, intitulées Oratório da noite.

Spiritualité, cette fois apparemment liée à la mort, et à la religion chrétienne...

Mais, le Brésil étant également célèbre pour ses diverses religions syncrétistes, j’en arrive à me convaincre qu’il s’agit là de célébrer une toute nouvelle, et bien entendu aussi très ancienne, religion... celle de la peinture, la peinture qui est, pour Gonçalo Ivo (qui ne manque pas de le signaler), “une vocation”...

Certaines peintures de 2006 ne sont-elles pas intitulées Prière? Voir le volume des œuvres de Gonçalo Ivo par Fernando Cocchiarale, que j’ai déjà signalé, et l’exposition à la Pinacoteca do Estado de São Paulo en janvier 2008. 

Spiritualité incontestablement, où j’entend que l’artiste s’y retrouve (c’est sa voie et sa voix... sa “vocation”), et que c’est cette voix qu’il nous demande de “voir” et d’écouter.

Faut-il rappeler qu’un beau recueil des essais de Paul Claudel sur l’art a pour titre L’œil écoute?

 

 

en résumé

 

Quittant l’atelier de Gonçalo Ivo, on emporte avec soi la suite spirituelle, et les voix “coloratures” d’une œuvre décidément, de ce point de vue, syncrétique. Et sans exemple.

Marcelin Pleynet 

“Listening” to Gonçalo Ivo’s painting

 

I am a “pictorial animal”. The studio is my realm. There, I feel free, as time does not exist. My painting is not the illustration of my feelings.

I work all the time with that which is real. Even subjectivity and ambiguity are real...

 

Gonçalo Ivo

Born in Rio de Janeiro, Brazil, in 1958, Gonçalo Ivo is an artist who is on the verge of imposing himself and reaching more-than-deserved international renown. He, incidentally, has taken part in a great number of international manifestations both in Brazil and in the United States and Europe.

There is a significant number of catalogs and books on Gonçalo Ivo’s work, both in Brazil and in France and Italy. His work is listed, for example, in a luxury volume published is three languages (Portuguese, English, and French) by Edições Pinakotheke, Rio de Janeiro, 2008.

In these catalogs and books we find signatures by prestigious critics, such as Fernando Cocchiarale (in a long interview with the artist), Roberto Pontual, Edgar Lyra, Ligia de Franceschi, Oscar D’Ambrosio, and Frederico Morais. And we shall not forget Luciano Figueiredo, another Brazilian artist, born in 1948, who pays veritable homage to his colleague, ten years his junior.

 

GONÇALO IVO IN TRADITION

 

One is able to connect Gonçalo Ivo, in Brazilian abstract painting, to what emerged in Rio de Janeiro around 1959, with the formation of a Neoconcrete group, which prioritized the integration of Brazilian art to life.

At this time, the São Paulo Biannual Exhibition, under the care of internationally-known critics and art historians, implicitly rivaled with the Venice Biannual, and kept Brazilian artists abreast on the art world, several times much before Paris even became aware of what was going on in this world.

 

What took place and asserted itself in the United States, through some currently very famous artists (such as Mark Rothko and Barnett Newmann, soon followed by another generation of painters, such as Kenneth Noland and Morris Louis, supported, among others, by Clement Greenberg and the representatives of “Minimal Art”, who led to the extreme, in their own manner, what their predecessors had done), could be seen and acknowledged by the Brazilian artists without Europe ever coming to suspect this.

Thus, one should not forget that Brazil reached a rare and important interethnic integration, which serves the intellectuals as a guarantee for free thought and absence of bias, with the undeniable tropisms for what is done in the Northern hemisphere, be it in the United States of America, or in Europe.

Alas, we have to take into account that modern Brazilian architecture asserted itself precociously, thanks to the presence of Le Corbusier and of Oscar Niemeyer and his creations in Rio de Janeiro, as well as the construction of Brasilia by the latter, who also designed the French communist Party headquarters in Paris.

 

GONÇALO IVO AND THE STUDIES

 

The young Gonçalo Ivo graduated in Architecture in 1983 and worked as designer and illustrator for various publishing houses. He also studied at the Museum of Modern Art under Aluisio Carvão, an artist linked to the “concrete painting” group, but he did not stop there...

Inserted into an intellectual milieu (his father, Lêdo Ivo, is a famous poet and writer who, among other things, translated Arthur Rimbaud into Portuguese), Gonçalo Ivo has culturated a spirit and a mood characteristic to him.

It is enough to look at his pictures, his watercolors, or his objects to convince oneself of that.

We move into, at once, a known universe, but we feel disoriented by the wealth, the splendor, and the elegance as well as by the substantiveness of the objects, as can be seen in the catalog of his paintings and objects, Campo Santo, held at the Anita Schwartz Gallery, in Rio de Janeiro, 2010. This catalog still holds a text by Luciano Figueiredo and a beautiful essay by poet Antonio Cicero.

A greater part of the year in France, where he has a studio, and exhibits at the Flak Gallery, Gilbert Lascault wrote a beautiful text on his work. In 1999, regarding Gonçalo Ivo’s exhibition at the Flak Gallery, Lydia Harambourg published a synopsis in the La Gazette de l’Hôtel Drouot revue, partially reproduced in the exposition that the Multiarte Gallery, Fortaleza, dedicated to him in August 2009: “Gonçalo Ivo’s sense of color and an evident concern about construction are manifested on his oils on canvas, a consequence of his background as an architect [...]. His compositions are influenced by a mixed culture, in which classicism and Baroque, a colorful effusion and luminous serenity, imagination and will coexist. Gonçalo Ivo, who is also a poet, exchanges words for colors, which he borrows from the brilliant fabrics of the Bahia and Recife fishermen, heirs to the African culture”.

It cannot be said better, even if the description, somehow, remains incomplete.

 

GONÇALO IVO THE POLYGLOT

 

What is surprising, in the first place, is the extensive use that the painter makes of geometric figures, in which, most of the times, color predominates and undeniably enthralls. A color which he associates to the format of the works, which range from 18 x 18 cm (untitled, 1985) to 250 x 550 cm (Tissu d’Afrique, 2007).

I observe that painting and object titles, when not in Portuguese, are generally in French: Tissu d’Afrique, Prière, Les Poissons, Lanterne magique, Les Papillons, Fenêtres... or in Italian.

Gonçalo Ivo is, like his work, recognized as a polyglot. It does not surprise me that he expresses himself in English and Italian so well as he speaks Portuguese and French.

A polyglot indeed, he makes use of his vast artistic culture. In this use, however, he keeps himself Brazilian, above all.

When visiting his studio, one cannot fail to notice the multiplicity of the references he bears at hand. And which he cites, as if he were exercising a ludic and formal play regarding what is looked by their references.

From the “École de Paris”, with reminiscences by Vieira da Silva, Serge Poliakoff or Nicolas de Staël; from Americans, such as Mark Rothko, Barnett Newman and Kenneth Noland; from “Pop Art” representatives; and from Germans, such as Paul Klee, Kurt Schwitters or Wassily Kandinsky, Gonçalo Ivo appropriates himself of what is best in the multiple projects he faces in life, rendering them his in a synthesis which is undoubtedly his.

As he himself states: “Intuition drives me”.

It is this “intuition” which we have to follow when approaching the beautiful singularity of Gonçalo Ivo’s work. In special, as to how it is determined by a clear stressing of the spiritual in art, the title of one of Wassily Kandinsky books.

There occurs an undeniable paradox in this title and in the work illustrated by him. Incidentally, it was regarding this book by Kandinsky that philosopher Alexandre Kojève wrote the very successful essay, both in Brazil and in Germany, On concrete art, in Hegel’s wake.

 

GONÇALO IVO AND THE SPIRITUAL IN ART

 

We find ourselves thus in the “heart” (“choir”) of the birth of abstract art and of modern or post-modern art. It is this choir that Gonçalo Ivo, when retaking from his professor the notion of “concrete painting”, associates to his own work.

When considering the paintings in several formats (oils and watercolors, as well as several painted or burned objects – or still painted and burned) which Gonçalo Ivo shows me, I hear, with perfection, the multiple voices which comprise, in unison, the tuning notes of this “choir”.

If we consider the tridimensional objects, it will be necessary to also take into account the voice, not to be disregarded, of Kurt Schwitters, Marcel Duchamp and some others, to

understand why some of these objects are partially calcined or created as from walks on a beach, of objects found by chance and collected by the artist.

Gonçalo Ivo’s work reaches, therefore, very vast sonorous extension, used by him with unparalleled “mastery” in the art said to be modern or contemporary.

I have no doubt that the large-format canvases – Tissu d’Afrique, 2007, 250 x 500 cm, and more recently Campo santo, 2010, 260 x 580 cm – extend a landscape of colors and, I dare say, of sounds containing a singular chromatic breadth of extreme beauty.

In these large formats, one perceives the subtitle play and the cleaving of horizontal color strips, which not always cross the limits of the canvas and are interrupted, to the right and left, by small colored bands and thin horizontal stripes.

The gaze thus tends to disorient itself and does not cease to search for a more rational reference, never found, without becoming tired of restarting the path it started to plot, harkening to music which only belongs to Gonçalo Ivo.

Let us return to this surprising reference to Kandinsky’s book, Concerning the Spiritual in Art, as it, to me, what undeniably particularizes the unity in Gonçalo Ivo’s work.

A clear spiritual atmosphere, distinct from almost all the art of his Brazilian, American, and French contemporaries emanates from his paintings (independently from their format).

I am not able to avoid this spiritual, musical, almost religious dimension, when trying to understand what seduces and fascinates me in what I see. The large paintings impose themselves with the majesty of a religious monument or, I would say, of a cathedral, and the small ones as well as tridimensional pieces as objects of worship.

Without, however, one knowing what worship this is.

 

CAMPO SANTO

 

The title Gonçalo Ivo gave to his most recent exposition, and the oil on canvas Campo santo (oil on canvas, 260 x 580 cm) are, regarding this, what we have as most representative.

This vast painting of a pale gray field in movement evokes exactly what its title makes us suppose, when we translate the Italian word to the French not as “holy field” (plains, cultivated earth), but rather as “cemetery” [cimetière]... or, still, “a field for the dead” [camp pour les morts], the artists and painters now dead and who are not necessarily saints.

It is equally the name of the island, in Venice, where the dead... painters, writers and musicians now dead are buried and brought together: Campo Santo.

Even if we wished to ignore it, the other works of his last exhibition so confirm it: several crosses, such as Cruz de Espanha, 270 x 78 cm, and some tombstones, such as Campo santo, tempera on plaster and marble and stone, 50 x 32 x 16 cm, made in 2010.

We also find in this exhibition a large format, very colorful, canvas, Santa Maria de Taüll, 2009 (oil on canvas, 260 x 650 cm), and other large paintings, visibly darker, among which Oratório da noite, from 2010 (oil on linen, 260 x 650 cm). In this case, with the spirituality apparently linked to death and to the Christian religion.

Brazil being famous for its various syncretistic religions, I am convinced that this comprises celebrating a new, and at the same time, ancient religion... that of painting, the painting which is, for Gonçalo Ivo – he does not get tired of asserting it – “a vocation” ...

Aren’t some paintings from 2006 entitled Prière? They were shown in the exhibition held at the Pinacoteca do Estado de São Paulo in January 2008, and can be seen in the book published by Pinakotheke Editions.

Spirituality, undoubtedly, in which the artist finds himself (this is his path and his voice... his “vocation”), and that which he asks us to “see” and listen.

It is necessary to remember a beautiful set of essays on art by Paul Claudel, entitled L’oeil écoute?

 

IN SHORT

 

When one leaves Gonçalo Ivo’s studio, one takes with himself a spiritual sentiment and the voices, the “coloraturas” of a work, of this point of view, decidedly syncretic. And unique.

 

Marcelin Pleynet 

© 2019 par Marché Biron & Marché Dauphine

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