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Michel Détré

« Les seules matières qui me permettaient d'avoir de très bonnes notes étaient le dessin et les sciences naturelles, car il fallait dessiner. Vers l'âge de 15 ans, poussé par mon professeur de peinture, j'achetai mes premiers tubes de peinture à l'huile, et décidai de devenir à la fois Cézanne, Gauguin et Van Gogh.

 

En 1961 et 1962, à l'Ecole des Beaux Arts de Bourges, j'ai suivi les cours de sculpture de Marcel Gili. Je l'admirais, sans savoir qu'il portait en lui son maître Aristide Maillol, ainsi que Henri Laurens, Robert Delaunay, Ossip Zadkine, Fernand Leger, Albert Gleises, Raoul Dufy, Max Jacob, Le Corbusier, Jean Cassou, Auguste Perret. Après quelques années passées aux Beaux-Arts, je me retrouvais, comme beaucoup de peintres de cette époque, traînant à Saint-Germain-des-Prés. C’était le quartier en ébullition dans les années 60. Avec quelques amis rencontrés aux Beaux-Arts, je refaisais le monde artistique de bistrots en chambres de bonnes. Nous pensions que l'Art était partout et à la portée de tous. L'idée nous semblait plus importante que le résultat. (...)

 

Ma première exposition, à la galerie Axis, rue Guénégaud, à Paris en 1974, fut très bien accueillie. D'autres suivirent. Des commandes aussi. Mais le nombre de jours passés sur chaque peinture, ainsi que la sensation d'être rentré dans un procédé répétitif eurent raison de ma période hyperréaliste. Je me réfugiai alors dans l'illustration et le graphisme pour la publicité ou les journaux. Parallèlement, je restaurais des toiles du 19ème siècle, pour les brocanteurs et antiquaires de Paris.

 

Très intéressé par la verrerie du début du 20ème siècle, j'appris petit à petit les techniques du verre, et ouvris mon premier atelier de restauration. Le seul restaurateur spécialisé venait de prendre sa retraite, et au bout de quelques années, je travaillais pour la presque totalité des galeries « Art Nouveau ». Ce qui me permit de vivre d'un métier que j'aimais pendant la quarantaine d'années qui suivirent et ainsi pu avoir entre les mains les plus belles pièces de Gallé, de Daum ou de Lalique.

 

Depuis une vingtaine d'années, ma seule ambition est de remplir une surface pour en faire une œuvre décorative que l'on accroche au-dessus d'un canapé et que l'on peut mettre à la cave au bout de quelques années. J'ai toujours aussi cet intérêt pour le verre. »

"The only subjects that allowed me to get very good marks in high school were drawing and natural sciences, because I had to draw. At the age of 15, encouraged by my painting teacher Auguste Clergeau, I bought my first tubes of oil paint and decided to become Cézanne, Gauguin and Van Gogh.

 

In 1961 and 1962, at the Ecole des Beaux Arts in Bourges, I took sculpture classes with Marcel Gili. I admired him, without knowing that he had his master Aristide Maillol in him, as well as Henri Laurens, Robert Delaunay, Ossip Zadkine, Fernand Leger, Albert Gleises, Raoul Dufy, Max Jacob, Le Corbusier, Jean Cassou, Auguste Perret. After a few years at the Beaux-Arts, I found myself, like many painters of that time, hanging out in Saint-Germain-des-Prés. It was a neighbourhood in turmoil in the 1960s. With a few friends I had met at the Beaux-Arts, I was rediscovering the world of art in bistros and maids' rooms. We thought that art was everywhere and within everyone's reach. The idea seemed more important to us than the result. (...)

 

My first exhibition, at the Axis gallery, rue Guénégaud, in Paris in 1974, was very well received. Others followed. Commissions too. But the number of days spent on each painting, as well as the feeling of having entered into a repetitive process, got the better of my hyperrealist period. I then took refuge in illustration and graphic design for advertising and newspapers. At the same time, I was restoring 19th century paintings for antique dealers and brokers in Paris.

 

Very interested in early 20th century glassware, I gradually learned the techniques of glass, and opened my first restoration workshop. The only specialized restorer had just retired, and after a few years, I was working for almost all the "Art Nouveau" galleries. This allowed me to make a living from a profession I loved for the next forty years or so, and to have the most beautiful pieces by Gallé, Daum and Lalique in my hands.

 

For the last twenty years, my only ambition has been to fill a surface to make a decorative work that can be hung above a sofa and put in the cellar after a few years. I still have this interest in glass too.”