Noso
Téthys-2
Seconde-tension-bleue

Nicolas Desbons

« Une démarche artistique et en arrière fond, le précepte que rien ne se crée et qu’il n’y a pas de création pure, je suis un chemin.

 

Nous sommes trop plein de nos connaissances et de nos éducations pour pouvoir nous détacher et créer légèrement ou de manière pure… bref : innocemment.

 

Dès lors la pratique et le savoir-faire sont les maîtres de mon quotidien et je tends dans le chaos de l’atelier vers l’économie du geste et de la forme. La matière est l’acier, lourd et astreignant. Le geste s‘emplit de malice et d’astuces pour préserver le corps. Le chemin est dans le faire et l’exercice, une forme en appelant une autre, une chute, un morceau allant vers une nouvelle histoire.

 

L'assemblage de petits morceaux entre eux ouvre la voie vers la légèreté, mosaïque ou dentelle d’acier. Ceux-ci emplissent des moulages de parties de corps en plâtre et permettent une recherche sur les surfaces par la diversité des morceaux utilisés. Il y a en amont un long travail pour constituer une bibliothèque de formes via le forgeage, l’emboutissage ou la simple découpe.

 

La transformation de profilés industriels brouille les pistes de lecture de l'œuvre et interroge le regard sur la matière et la surface. C’est le travail de Karl Blosfeld qui m’a le plus inspiré et ouvert la voie vers mes recherches sur les graines. De fait, mon travail de sculpture pouvait basculer dans l’abstraction ce qui me donne les plus grandes libertés dans l’exploration des formes. La patine fait le reste et continue de surprendre le spectateur et l’installe de fait dans sa propre histoire vis à vis de l'œuvre.

 

L’atelier est aussi un lieu de rencontre et de partage indispensable à la vivacité artistique. C’est bien dans ce brassage quotidien que s'entretiennent l’humilité et la mise à distance nécessaire pour continuer à voir, et voir dans le regard des autres. »

"An artistic approach and in the background, the precept that nothing is created and that there is no pure creation, I follow a path.

 

We are too full of our knowledge and our education to be able to detach ourselves and create lightly or in a pure way... in short: innocently.

 

From then on practice and know-how are the masters of my daily life and I tend in the chaos of the workshop towards the economy of gesture and form. The material is steel, heavy and demanding. The gesture is filled with malice and tricks to preserve the body. The way is in the doing and the exercise, a form calling another one, a fall, a piece going towards a new story.

 

The assembly of small pieces between them opens the way to lightness, mosaic or steel lace. These fill plaster casts of body parts and allow a research on the surfaces by the diversity of the pieces used. There is upstream a long work to constitute a library of forms via the forging, the stamping or the simple cutting.

 

The transformation of industrial profiles blurs the lines of reading the work and questions the view of the material and the surface. It is the work of Karl Blosfeld that inspired me the most and opened the way to my research on seeds. In fact, my sculptural work could tip over into abstraction, which gives me the greatest freedom in the exploration of forms. The patina does the rest and continues to surprise the spectator and installs him in his own history with the work.

 

The workshop is also a place of meeting and sharing essential to artistic vivacity. It is in this daily mixing that the humility and the necessary distance are maintained to continue to see, and to see in the eyes of others.”